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Les innovations dans le domaine de l’énergie éolienne aident à répondre à la demande énergétique croissante en Amérique du Nord

La nécessité de répondre à nos besoins énergétiques toujours en hausse et d’effectuer la transition vers une économie faible en carbone a accéléré l’adoption de sources renouvelables comme l’énergie éolienne, solaire et hydraulique dans le secteur des énergies de transformation.

En fait, selon le Renewables 2019 Global Status Report du groupe de réflexion REN21, la capacité énergétique mondiale renouvelable a atteint près de 2 378 gigawatts en 2018. Pour la quatrième année consécutive, la capacité d’énergie renouvelable a surpassé les ajouts nets combinés de centrales de combustibles fossiles et nucléaires. Des systèmes photovoltaïques solaires d’une capacité de près de 100 GW ont été installés, représentant 55 % de l’augmentation de la capacité énergétique renouvelable. L’énergie éolienne arrive au second rang à 28 %, suivie de l’hydroélectricité à 11 %. Dans l’ensemble, la part de l’énergie renouvelable dans la capacité mondiale de production d’énergie a grimpé à plus de 33 %.

Les responsables de la planification énergétique, les ingénieurs et les constructeurs cherchent de nouvelles façons, plus rapides et plus efficaces, de construire des installations énergétiques renouvelables et l’énergie éolienne est au cœur de cette approche.

Le Romney Wind Energy Centre de Chatham, en Ontario, en constitue un exemple éloquent.
Ce parc éolien, d’une puissance électrique produite de 60 mégawatts (MW), est doté de plusieurs éoliennes dont la hauteur du moyeu se situe à 132 m et dont le poids respectif atteint 60 780 kg. Le respect du délai de réalisation et des strictes restrictions en matière de perturbation de l’environnement a posé de sérieux défis lors de la construction de ces gigantesques moulins à vent.

L’équipe jugeait que l’utilisation de grues sur chenilles risquait de prolonger la durée des travaux, d’endommager le paysage et de mettre en danger la sécurité des ouvriers. Ces grues sont dotées d’une flèche, montée sur un châssis de base, et de chenilles qui assurent la mobilité et la stabilité de la grue, mais leur utilisation est toutefois risquée dans les couloirs de vents violents et dommageable pour les sites de chantier.

Les constructeurs devaient donc trouver une autre façon de manipuler les énormes composantes des éoliennes sans que l’équipement bascule sous leur poids lors des opérations. Romney est ainsi devenu le premier parc éolien d’Amérique du Nord bâti au moyen de grues à tour. Ces grues sont dotées d’une flèche horizontale, fixée sur une tour métallique verticale, orientable à 360 degrés.

Elles disposent d’un empattement minimal, résistent mieux au vent et s’érigent et se démontent plus rapidement que les autres types de grues. Plus spécifiquement, leur montage et démontage peuvent se réaliser en environ 36 heures. Par comparaison, le montage, le démontage et le transport vers le chantier des grues sur chenilles peuvent nécessiter jusqu’à 6 à 7 jours. L’emploi de grues à tour a permis à Romney de bâtir 16 des 17 éoliennes en 11 courtes semaines.

En faisant preuve d’innovation (comme en privilégiant l’utilisation de grues à tour), les services publics peuvent accélérer leur transition vers un avenir énergétique propre, tout en réalisant des économies. Et à mesure que les éoliennes augmenteront en taille et en nombre, ce type d’innovation deviendra essentiel dans nos efforts d’atténuation des changements climatiques.